Les actions correctives HACCP en cas de dépassement

Le cinquième principe est celui qu'on écrit au calme pour ne pas avoir à improviser un vendredi soir. Une limite franchie appelle 4 gestes, et chacun se décide avant. Cette page les détaille, avec ce qui doit rester écrit dans le plan. Elle complète surveiller : qui, quand, avec quel outil.

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Geste 1 : isoler le produit

Le premier réflexe est physique : sortir le produit du circuit pour qu'il ne parte pas au service pendant qu'on réfléchit. Un bac identifié, une étagère dédiée, une étiquette « ne pas utiliser ».

Cette étape paraît évidente et c'est pourtant celle qui manque le plus souvent. Un produit douteux laissé à sa place finit servi, parce qu'en plein service personne ne se souvient qu'il posait question.

La conduite à tenir quand une limite critique est dépassée
4 gestes décidés au calme, pour ne pas laisser la décision à celui qui découvre le problème en plein service.

Le sujet est développé dans méthode HACCP : définition, 7 principes et application en restauration.

Geste 2 : décider de son sort

3 issues possibles. Le produit est encore sûr et repart au service. Il est requalifié, par exemple recuit ou réorienté. Ou il est détruit. La décision revient à une personne identifiée dans le plan, pas au premier venu.

Le critère est la sécurité du consommateur, pas la valeur marchande du produit. Écrire cette phrase dans le plan aide, le jour où le produit en question coûte cher.

Geste 3 : corriger la cause

Traiter le produit ne suffit pas : si la cellule de refroidissement ne descend plus assez vite, le prochain lot connaîtra le même sort. La correction porte sur l'équipement, sur l'organisation ou sur la formation.

C'est ce geste qui distingue un système vivant d'un carnet rempli. Un plan qui montre 3 dépassements et 3 causes corrigées inspire plus confiance qu'un plan sans aucun incident.

Geste 4 : enregistrer l'incident

Ce qui s'est passé, quand, sur quel produit, ce qui a été décidé, ce qui a été corrigé. 5 informations, quelques lignes. L'enregistrement transforme un incident en preuve de maîtrise.

C'est le lien direct avec le septième principe : sans écrit, l'action corrective n'a pas eu lieu du point de vue d'un contrôle. Le sujet est développé dans vérifier la méthode et documenter les enregistrements.

Écrire les actions avant, pas pendant

Une action corrective improvisée en service est une action corrective mauvaise. La pression du moment pousse à sauver le produit plutôt qu'à protéger le client, et c'est humain.

D'où la règle : chaque point critique porte son action corrective écrite dans le plan. La décision est prise à froid, une fois, et elle s'applique ensuite sans discussion.

Le cas du produit déjà servi

Si le dépassement est découvert après le service, la question change de nature : il ne s'agit plus de décider du sort d'un produit mais de savoir si un risque a été pris. Selon la gravité, l'information des clients ou de l'autorité peut s'imposer.

C'est le point de jonction avec la procédure de retrait et de rappel, décrite dans le plan de maîtrise sanitaire. Elle s'écrit aussi avant d'en avoir besoin.

Ce que l'équipe doit savoir en cuisine

3 choses : qui prévenir, où isoler, et que noter. Ces 3 réponses tiennent sur une fiche affichée près du poste, et elles évitent la paralysie qui suit une découverte en pleine activité.

Un nouvel arrivant doit pouvoir les appliquer le premier jour, ce qui suppose qu'elles soient écrites simplement. C'est aussi le rôle du plan de maîtrise sanitaire que de les rendre lisibles par quelqu'un qui découvre l'établissement.

Le seuil d'alerte, avant la limite critique

Une limite critique se franchit ou ne se franchit pas. Entre les 2, rien. C'est pratique pour un contrôle, beaucoup moins pour une cuisine, qui découvre le dépassement une fois le produit déjà compromis.

Les établissements qui tiennent leur système ajoutent un seuil intermédiaire. Si la limite critique d'une chambre froide est fixée à 4 °C, l'alerte se déclenche à 6 °C : on regarde la porte, le chargement, le dégivrage, et on corrige avant que la valeur réglementaire soit atteinte. Le seuil d'alerte n'a aucune valeur juridique, il n'apparaît dans aucun texte, ce qui le rend utile : il appartient à l'établissement.

Il se note dans le plan de maîtrise sanitaire, à côté de la limite, avec ce qu'il déclenche. Un inspecteur qui le voit lit un exploitant qui a réfléchi à son propre fonctionnement plutôt qu'un exploitant qui a recopié un modèle.

Ce qu'un contrôle sanitaire en déduit

Un plan avec des actions correctives précises et des incidents enregistrés décrit un établissement qui sait ce qu'il fait. Un plan avec des actions vagues, « prendre les mesures nécessaires », décrit un document recopié.

La différence se voit en 30 secondes. C'est un des points regardés en priorité, comme le détaille le contrôle sanitaire, comment il se passe.

Textes en vigueur au 27 août 2026 : arrêté du 12 février 2024 pour la durée, le référentiel et les 4 heures de présentiel, qui abroge celui du 5 octobre 2011, et arrêté du 18 novembre 2024 pour les dispenses. Prochaine revue de ces textes prévue en février 2027.

Questions fréquentes

Que faire quand une limite critique est dépassée ?

Isoler le produit, décider de son sort, corriger la cause, et enregistrer l'incident.

Qui décide du sort du produit ?

Une personne identifiée dans le plan, sur un critère de sécurité du consommateur et non de valeur marchande.

Faut-il écrire les actions correctives à l'avance ?

Oui. Une action improvisée en plein service protège moins bien qu'une décision prise à froid.

Un incident enregistré dessert-il l'établissement ?

Non. Un plan qui montre des incidents traités inspire plus confiance qu'un plan sans aucune anomalie.

Testez vos connaissances

10 questions pour savoir où vous en êtes. Chaque réponse est expliquée.

1. Un diplôme délivré en 2004 dispense-t-il de la formation ?
Voir la réponse

Non. La dispense vise les diplômes listés délivrés depuis le 1er janvier 2006.

2. Que devient l'obligation quand l'établissement change de propriétaire ?
Voir la réponse

Elle suit l'établissement, donc elle demeure. L'obligation vise l'établissement. Si le salarié formé part avec le cédant, elle revient au repreneur dès le premier jour.

3. Quel document le règlement CE 852/2004 rend-il obligatoire ?
Voir la réponse

Le plan de maîtrise sanitaire. Propre à l'établissement, c'est le document que l'inspecteur examine après l'attestation.

4. Combien d'allergènes doivent être signalés au consommateur ?
Voir la réponse

14. L'information peut être portée sur la carte, affichée en salle, ou donnée sur demande si cette possibilité est signalée.

5. Quel répertoire habilite un organisme à former en hygiène alimentaire ?
Voir la réponse

Le ROFHYA. Ce registre est tenu région par région par la direction régionale de l'alimentation.

6. Quel texte impose le plan de maîtrise sanitaire ?
Voir la réponse

Le règlement (CE) 852/2004. Il s'impose à tout établissement manipulant des denrées.

7. Quelle note l'évaluation finale demande-t-elle ?
Voir la réponse

16/20. 16 sur 20, avec une remédiation organisée en dessous.

8. Corriger la cause sert à :
Voir la réponse

Éviter que le prochain lot subisse la même chose. Sans correction de la cause, l'incident se répète.

9. Un établissement saisonnier doit-il avoir une personne formée hors saison ?
Voir la réponse

Non, seulement quand il est ouvert. L'obligation vaut quand l'établissement reçoit du public. Le piège est la réouverture : il faut vérifier avant la saison, pas pendant.

10. À quelle température au maximum se conservent les denrées très périssables ?
Voir la réponse

3 °C. C'est la valeur retenue en France pour les denrées les plus sensibles, et elle se relève, elle ne s'estime pas.

Qui a écrit cette page

Pascal Segarra

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