Les 7 principes HACCP, un par un

Les 7 principes de la méthode HACCP se récitent partout et s'appliquent rarement. Ils tiennent en 7 verbes, et leur ordre compte autant que leur contenu : chacun suppose le précédent. Cette page les déroule un par un, sur une cuisine de restaurant plutôt que sur un exemple d'usine. Elle complète la méthode HACCP, ce que le sigle recouvre.

Par ·Mis à jour le ·4 min de lecture·984 mots

Résumez cet article avec l'IA

Principe 1 : analyser les dangers

On liste ce qui peut rendre un aliment dangereux dans son activité. 4 familles : biologique, chimique, physique et allergène. Pour chacune, on note où elle apparaît, à quelle étape, et avec quelle probabilité.

C'est le principe le plus long et le plus rentable. Une analyse faite honnêtement réduit tous les principes suivants : moins de dangers recensés à tort, moins de points critiques à surveiller, moins de relevés à tenir. Le détail est dans analyser les dangers.

Les 4 familles de dangers analysées en hygiène alimentaire
Biologique, chimique, physique, allergène. Le premier se développe le plus vite, le dernier se déclare obligatoirement.

Principe 2 : déterminer les points critiques

Parmi toutes les étapes, on cherche celles où la maîtrise est indispensable et où une défaillance ne se rattrape plus en aval. La cuisson à cœur en est une. Le refroidissement rapide aussi. Le lavage des mains n'en est pas une, parce que d'autres barrières existent.

La confusion entre point critique et bonne pratique est l'erreur la plus fréquente. Elle conduit à surveiller 15 étapes et à n'en tenir aucune. La distinction est traitée dans repérer les points critiques de son activité.

Principe 3 : fixer les limites critiques

Pour chaque point critique, une valeur chiffrée à ne pas franchir. Une température, une durée, un couple des 2. Cette valeur doit être défendable : issue d'un texte, d'un guide de bonnes pratiques ou d'une justification écrite.

« Le plus froid possible » n'est pas une limite. « Moins de 3 °C au cœur, contrôlé à chaque réception » en est une. La façon de les construire est dans fixer une limite critique défendable.

Les éléments qui composent une limite critique défendable
Une valeur, une unité, une durée et une source. Sans la quatrième, la limite ne tient pas devant un inspecteur.

Principe 4 : organiser la surveillance

Qui vérifie, quand, avec quel outil, et sur quel support. Une sonde étalonnée, un cahier, un poste responsable, une fréquence. 4 décisions qui transforment une limite écrite en pratique réelle.

La surveillance échoue presque toujours pour la même raison : elle a été conçue pour un service calme. Une surveillance qui tient un samedi soir est une surveillance bien conçue. Le sujet est développé dans surveiller : qui, quand, avec quel outil.

Principe 5 : définir les actions correctives

Que fait-on quand la limite est franchie. La réponse s'écrit avant, pas pendant. Isoler le produit, décider de son sort, corriger la cause, enregistrer l'incident : 4 gestes qui se décident au calme.

Un plan qui ne prévoit rien à ce stade laisse la décision à celui qui découvre le problème, un vendredi soir, en plein service. C'est exactement ce que la méthode cherche à éviter, comme le détaille les actions correctives en cas de dépassement.

Principe 6 : vérifier que le système fonctionne

La surveillance porte sur le produit, la vérification porte sur le système. On relit les relevés, on contrôle l'étalonnage des sondes, on regarde si les actions correctives ont été appliquées. C'est un travail périodique, fait par l'exploitant.

Beaucoup de plans s'arrêtent au principe 5. Un contrôle repère la différence tout de suite : un carnet rempli que personne ne relit produit des anomalies répétées sans aucune correction visible.

Principe 7 : documenter les enregistrements

Sans écrit, les 6 autres principes ne se prouvent pas. Les enregistrements sont les relevés, les fiches de nettoyage, les bons de livraison, les incidents. C'est le principe qui rend la méthode opposable.

Un cahier tenu à la main suffit, à condition qu'il soit tenu. Ce point revient à chaque contrôle, et il est développé dans vérifier la méthode et documenter les enregistrements.

L'ordre des 7 principes ne se change pas

On ne fixe pas de limite sur un point critique qu'on n'a pas déterminé, et on ne détermine pas de point critique sans avoir listé les dangers. Sauter le premier principe conduit mécaniquement à un plan générique, recopié, qui ne décrit pas la cuisine.

C'est la raison pour laquelle la formation consacre du temps à la première partie : elle conditionne tout le reste. Le programme complet est dans formation hygiène alimentaire : comment se déroulent réellement les 14 heures.

Ce que les 7 principes deviennent dans le plan

Ils forment la deuxième partie du plan de maîtrise sanitaire, entre les bonnes pratiques d'hygiène et la traçabilité. Le règlement (CE) 852/2004 parle de « procédures fondées sur les principes HACCP », ce qui laisse la forme libre et le fond obligatoire.

Autrement dit, personne n'impose un modèle de document. Ce qui est imposé, c'est que la démarche ait été menée et qu'elle se prouve, ce que décrit le plan de maîtrise sanitaire.

Textes en vigueur au 27 août 2026 : arrêté du 12 février 2024 pour la durée, le référentiel et les 4 heures de présentiel, qui abroge celui du 5 octobre 2011, et arrêté du 18 novembre 2024 pour les dispenses. Prochaine revue de ces textes prévue en février 2027.

Questions fréquentes

Quel est le premier principe HACCP ?

L'analyse des dangers : recenser ce qui peut rendre un aliment dangereux dans son activité, famille par famille et étape par étape.

Faut-il appliquer les 7 principes dans l'ordre ?

Oui. Chaque principe suppose le précédent : on ne surveille pas une étape qu'on n'a pas identifiée comme critique.

Quelle différence entre surveiller et vérifier ?

La surveillance porte sur le produit, en continu. La vérification porte sur le système lui-même, périodiquement.

Un cahier papier suffit-il pour les enregistrements ?

Oui, à condition qu'il soit tenu. C'est la régularité qui compte, pas le support.

Testez vos connaissances

10 questions pour savoir où vous en êtes. Chaque réponse est expliquée.

1. Que devient l'obligation quand l'établissement change de propriétaire ?
Voir la réponse

Elle suit l'établissement, donc elle demeure. L'obligation vise l'établissement. Si le salarié formé part avec le cédant, elle revient au repreneur dès le premier jour.

2. Quel répertoire habilite un organisme à former en hygiène alimentaire ?
Voir la réponse

Le ROFHYA. Ce registre est tenu région par région par la direction régionale de l'alimentation.

3. Que demande l'inspecteur en premier, après l'attestation ?
Voir la réponse

Le plan de maîtrise sanitaire. L'attestation prouve qu'une personne a été formée, le plan prouve que l'établissement applique ce qu'elle a appris.

4. L'attestation de formation a-t-elle une date d'expiration ?
Voir la réponse

Non, elle n'expire pas. Elle n'expire pas. Ce qui met fin à la conformité, c'est le départ de la personne formée, puisque l'obligation vise l'établissement.

5. Depuis quand les résultats des contrôles sanitaires sont-ils publics ?
Voir la réponse

2017. Depuis 2017, sur Alim'confiance. Un établissement bien noté y gagne un argument que ses voisins n'ont pas.

6. Combien de temps dure la formation hygiène alimentaire ?
Voir la réponse

14 heures. Cette durée est fixée par l'arrêté du 12 février 2024, et se répartit généralement sur 2 journées.

7. Combien de personnes formées faut-il par établissement ?
Voir la réponse

Une au minimum. La réglementation exige une personne formée par établissement. Elle doit y travailler effectivement, et son départ rouvre l'obligation.

8. Peut-on suivre la formation entièrement à distance ?
Voir la réponse

Non, plus depuis février 2024. L'arrêté du 12 février 2024 impose qu'une partie se déroule en présence d'un formateur. Le tout-distanciel n'est plus autorisé.

9. À quelle température au maximum se conservent les denrées très périssables ?
Voir la réponse

3 °C. C'est la valeur retenue en France pour les denrées les plus sensibles, et elle se relève, elle ne s'estime pas.

10. Le septième principe consiste à :
Voir la réponse

Documenter les enregistrements. Sans écrit, les 6 autres principes ne se prouvent pas.

Qui a écrit cette page

Pascal Segarra

Suivre sur LinkedIn