Les relevés de température en cuisine, tenus à la main

C'est le document le plus regardé d'un contrôle sanitaire, et le plus simple à tenir. Un cahier, un stylo, une sonde. Cette page dit ce qu'un relevé doit porter, à quelle fréquence, et pourquoi un carnet trop parfait inquiète un inspecteur plus qu'il ne le rassure. Elle complète le plan de maîtrise sanitaire.

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Ce qu'un relevé doit porter

4 éléments : la date, la valeur relevée, l'enceinte ou le produit concerné, et les initiales de la personne. Rien de plus. Un relevé sans date ou sans auteur ne prouve rien, même parfaitement rempli par ailleurs.

Les initiales ne sont pas une formalité : elles rattachent la valeur à quelqu'un qui était présent. C'est exactement ce qu'un contrôle cherche à établir quand il lit un carnet.

La tenue des relevés de température dans un établissement de restauration
Un cahier tenu à la main vaut mieux qu'un logiciel jamais ouvert. La régularité prime sur le support.

Quelle fréquence de relevé tenir

2 fois par jour pour une enceinte froide, à l'ouverture et à la fermeture, est un rythme courant et tenable. À chaque livraison pour les réceptions. À chaque fournée pour les cuissons quand la cuisson est un point critique.

La bonne fréquence est celle qui sera tenue un samedi soir. Annoncer un relevé horaire dans un établissement à 2 personnes garantit un carnet incomplet, ce qui vaut moins qu'un rythme modeste et respecté.

Le support du relevé n'a pas d'importance

Cahier, fiche murale, application : aucun texte n'impose de format. Ce qui compte est la trace, sa régularité et sa disponibilité immédiate dans l'établissement.

Un relevé stocké sur un téléphone personnel pose un problème le jour où la personne n'est pas là. Un cahier accroché près de la chambre froide se présente en 3 secondes, ce qui est le vrai critère.

Pourquoi un carnet sans anomalie est suspect

Un carnet sans aucune anomalie sur 6 mois décrit statistiquement un établissement qui ne relève pas. Une chambre froide connaît des variations, une livraison arrive parfois limite, un four est parfois mal préchauffé.

Un carnet qui montre 3 dépassements et 3 actions correctives inspire plus confiance : il décrit un système qui fonctionne. Le lien est fait dans méthode HACCP : définition, 7 principes et application en restauration.

Le remplissage rétroactif d'un carnet se voit

Les écritures se ressemblent, l'encre est identique, les valeurs sont trop régulières et les horaires ne correspondent pas aux services réels. Un inspecteur repère un carnet reconstitué en quelques secondes.

Mieux vaut un carnet avec des cases vides assumées. Le premier montre une pratique imparfaite, le second une pratique inexistante doublée d'une volonté de la masquer, ce qui change entièrement la tonalité de la visite.

L'étalonnage de la sonde

Une sonde jamais vérifiée produit des relevés qu'un contrôle ne peut pas prendre au sérieux. La vérification se fait périodiquement, selon les préconisations du fabricant, et se note.

C'est un point peu connu et facile à traiter : quelques lignes dans le chapitre maintenance des bonnes pratiques suffisent, comme le décrit les bonnes pratiques d'hygiène.

Que faire d'un relevé anormal

On le note tel quel, on isole le produit s'il y a lieu, on décide, on corrige la cause, on écrit ce qui a été fait. Corriger la valeur dans le carnet est la seule chose à ne jamais faire.

Une valeur raturée puis réécrite est le signal le plus défavorable possible : elle suggère que le carnet est un exercice de présentation et non un outil de travail.

Le relevé à la réception d'une livraison

C'est le relevé le plus utile et le plus souvent négligé, parce qu'il tombe au mauvais moment : le livreur attend, le service commence, et la sonde est au fond d'un tiroir.

Il se pratique par sondage sur les produits sensibles, entre 2 emballages plutôt qu'en perçant un produit destiné à la vente. La valeur se note sur le bon de livraison, avec l'heure. Un bon de livraison annoté vaut enregistrement, ce qui évite un carnet de plus à tenir.

Sa vraie fonction est de placer la responsabilité au bon endroit. Une denrée réceptionnée sans contrôle devient la vôtre, avec son historique inconnu. Un relevé qui montre un produit arrivé à 9 °C, refusé, et la mention portée sur le bon, déplace le problème vers le fournisseur au lieu de le laisser en cuisine. Le refus d'un lot se note aussi, et il est lu favorablement lors d'un contrôle.

Combien de temps conserver les relevés

L'année en cours et la précédente couvrent largement les besoins d'un contrôle en restauration classique. Un classeur par année, rangé dans l'établissement, suffit.

Le rangement compte autant que la conservation : des relevés retrouvables en 2 minutes valent mieux qu'un carton complet et inexploitable. Le sujet est développé dans méthode HACCP : définition, 7 principes et application en restauration.

Textes en vigueur au 27 août 2026 : arrêté du 12 février 2024 pour la durée, le référentiel et les 4 heures de présentiel, qui abroge celui du 5 octobre 2011, et arrêté du 18 novembre 2024 pour les dispenses. Prochaine revue de ces textes prévue en février 2027.

Questions fréquentes

Que doit contenir un relevé de température ?

La date, la valeur, l'enceinte ou le produit concerné, et les initiales de celui qui a relevé.

Un cahier papier est-il accepté ?

Oui. Aucun texte n'impose de format : seule comptent la trace et sa régularité.

Faut-il corriger une valeur anormale dans le carnet ?

Jamais. On la note telle quelle et on écrit l'action corrective menée.

Combien de temps conserver les relevés ?

L'année en cours et la précédente couvrent les besoins d'un contrôle en restauration classique.

Testez vos connaissances

10 questions pour savoir où vous en êtes. Chaque réponse est expliquée.

1. Le guide de bonnes pratiques d'hygiène du secteur est-il obligatoire ?
Voir la réponse

Non, c'est une aide à la rédaction du plan. Il sert de trame, mais c'est le plan de maîtrise sanitaire qui est obligatoire. Recopier le guide sans l'adapter est le défaut le plus souvent relevé.

2. Depuis quelle date le CPF ne finance-t-il plus cette formation ?
Voir la réponse

1er janvier 2023. Depuis le 1er janvier 2023. L'OPCO, France Travail, le conseil régional et l'AGEFICE prennent le relais.

3. Un diplôme délivré en 2004 dispense-t-il de la formation ?
Voir la réponse

Non. La dispense vise les diplômes listés délivrés depuis le 1er janvier 2006.

4. Quel répertoire habilite un organisme à former en hygiène alimentaire ?
Voir la réponse

Le ROFHYA. Ce registre est tenu région par région par la direction régionale de l'alimentation.

5. Quel document le règlement CE 852/2004 rend-il obligatoire ?
Voir la réponse

Le plan de maîtrise sanitaire. Propre à l'établissement, c'est le document que l'inspecteur examine après l'attestation.

6. Peut-on suivre la formation entièrement à distance ?
Voir la réponse

Non, plus depuis février 2024. L'arrêté du 12 février 2024 impose qu'une partie se déroule en présence d'un formateur. Le tout-distanciel n'est plus autorisé.

7. Un bar qui sert uniquement des planches est-il concerné ?
Voir la réponse

Oui, dès la première denrée servie. Dès qu'il y a remise de denrées au consommateur, l'obligation s'applique. Une planche de charcuterie suffit.

8. Que garantit la certification Qualiopi ?
Voir la réponse

La qualité des processus et l'accès aux fonds publics. Elle porte sur les processus de l'organisme, pas sur son habilitation en hygiène.

9. Depuis quand les résultats des contrôles sanitaires sont-ils publics ?
Voir la réponse

2017. Depuis 2017, sur Alim'confiance. Un établissement bien noté y gagne un argument que ses voisins n'ont pas.

10. Qui peut délivrer la formation hygiène alimentaire ?
Voir la réponse

Un organisme de formation déclaré. L'attestation qu'il délivre est ce que le contrôle demande à voir.

Qui a écrit cette page

Pascal Segarra

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