Ouvrir un bar sans expérience du métier
C'est la question la plus posée sur l'ouverture d'un bar, à égalité avec celle du projet lui-même. La réponse tient en une ligne : aucun texte n'exige d'avoir tenu un bar avant d'en ouvrir un. Le permis d'exploitation, seule formation obligatoire ici, ne demande aucun pré-requis et traite précisément ce qu'un débutant ignore. Cette page dit ce que la loi exige, ce qu'elle n'exige pas, et ce que les 20 heures couvrent réellement. Le parcours complet est sur ouvrir un bar.
Ce qu'aucun texte n'exige
La liste est courte, et c'est justement ce qui la rend utile.
Ni expérience, ni diplôme, ni apport minimum. Les 2 seules obligations sont le permis d'exploitation et la déclaration de licence en mairie qui en découle. Le reste relève des exigences d'une banque ou des conseils d'un comptable, pas du droit.
Ce que les 20 heures apprennent à un débutant
Le programme du permis est fait pour quelqu'un qui n'a jamais exploité.
Les parties les plus utiles à un débutant sont celles que les exploitants expérimentés connaissent d'usage : les conditions liées à la personne, qui disent qui peut exploiter et dans quelles conditions, et la vie d'une licence, qui traite la mutation, le transfert et la péremption. Une licence non exploitée pendant une période donnée se perd : c'est le genre de règle qu'on découvre trop tard.
La formation dure 20 heures sur 3 jours et coûte 459 € en présentiel en 2026. Elle n'a pas d'examen d'entrée, et l'organisme doit être agréé par le préfet.
L'expérience, cherchée autant que l'ouverture elle-même
Cette inquiétude est saine, mais elle se trompe de cible. Ce qui met un bar en difficulté, c'est rarement l'absence d'expérience du service : c'est la marge, les horaires et la gestion du personnel.
Le rapprochement avec les autres familles du secteur est parlant. Sur l'ouverture d'un restaurant, la question qui domine est celle du diplôme ; sur celle d'un bar, c'est celle de l'expérience. 2 façons de demander la même autorisation, à une profession qui n'en délivre aucune.
Un débutant a pourtant un avantage que les exploitants installés n'ont plus : il découvre les règles avec les yeux de quelqu'un qui n'a pris aucune mauvaise habitude. Les contrôles les plus difficiles concernent rarement les nouveaux, ils concernent ceux qui font depuis 20 ans un geste qui n'a jamais été bon.
Aucun diplôme ne mène au bar, et aucun ne dispense du permis
La question du diplôme arrive juste après celle de l'expérience, et elle appelle la même réponse. Il n'existe pas de diplôme d'exploitant de débit de boissons : la profession se tient par une autorisation administrative, pas par un titre.
Les diplômés de l'hôtellerie ne font pas exception. Un CAP, un bac professionnel ou un BTS ne remplace pas le permis d'exploitation, parce que l'article L. 3332-1-1 du code de la santé publique attache l'obligation à la personne qui exploite, quel que soit son parcours. Un diplômé qui ouvre son premier bar suit les 20 heures comme tout le monde.
Sans diplôme, il reste donc ce qui aurait été exigé de toute façon : le permis d'exploitation, la déclaration de licence en mairie qui en découle, et la formation hygiène alimentaire dès que l'établissement sert à manger. Un titre en poche n'allège aucune de ces obligations.
Ce que l'expérience apporte quand même
Elle apprend la rotation d'un stock, la gestion d'un coup de feu et la lecture d'une soirée. Elle ne s'achète pas en formation, mais elle se compense : quelques semaines de service dans un établissement comparable avant d'ouvrir valent plus qu'un business plan de 30 pages.
Si votre bar sert à manger, même une planche, la formation hygiène alimentaire s'ajoute au permis. C'est le cas de figure le plus fréquent aujourd'hui, et celui que les débutants oublient le plus souvent.
L'autre inquiétude fréquente porte sur l'argent plutôt que sur le métier. Ouvrir un bar sans apport traite ce cas de figure.
La responsabilité de l'exploitant, sujet à connaître avant d'ouvrir
Servir de l'alcool engage. La protection des mineurs, la lutte contre l'ivresse publique et les horaires de fermeture sont des obligations d'exploitation, contrôlées par la police administrative. Elles sont traitées dans la formation, et elles ne dépendent ni de la taille de l'établissement ni de l'ancienneté de l'exploitant.
Textes en vigueur relevés le 27 août 2026 : Arrêté du 12/02/2024, NOR AGRE2400216A, JORF n°0043 du 21 février 2024, qui abroge l'arrêté du 5 octobre 2011. Prochaine revue prévue en février 2027.
Questions fréquentes
Faut-il avoir travaillé dans un bar pour en ouvrir un ?
Non. Aucun texte ne l'exige. Le permis d'exploitation ne demande aucun pré-requis.
Le permis d'exploitation a-t-il un examen d'entrée ?
Non. Il dure 20 heures sur 3 jours et s'adresse à tout porteur de projet. Seul le format court de 7 heures est réservé aux gérants de plus de 10 ans d'expérience.
Un CAP ou un BTS hôtellerie dispense-t-il du permis d'exploitation ?
Non. L'article L. 3332-1-1 du code de la santé publique attache l'obligation à la personne qui exploite, quel que soit son diplôme.
Un bar qui sert des planches doit-il aussi former à l'hygiène ?
Oui. Dès qu'il manipule des denrées, l'établissement relève de la restauration commerciale et la formation de 14 heures s'impose.
Que se passe-t-il si une licence n'est pas exploitée ?
Une licence non exploitée se perd au bout d'une période donnée. La vie d'une licence, mutation et transfert compris, fait partie du programme du permis.
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Qui a écrit cette page
Pascal Segarra
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